Expo développement durable / écologie au Magasin à Grenoble
Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin ont créé le collectif d’artiste « Art Orienté Objet » en 1991. Ils ont conçut pour le MAGASIN (Centre d’art contemporain à Grenoble) une exposition intitulé « L’alalie », terme qui décrit un moment d’aphasie, où l’on ne parvient plus à parler.
Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin font partie de ces artistes dont le travail interroge les questions environnementales, anthropologiques, voire scientifiques, dans un sens commun dont ils recyclent les protocoles d’expérimentation et les modes de représentation. Ils regroupent dans cette exposition un ensemble de pièces, nouvelles pour la plupart, qui décrivent ce moment précis d’arrêt, de perte de la parole.
Le cheminement entre ces pièces est fascinant et donne au fur et à mesure une sensation de malaise, de vertige, un peu comme un parcours initiatique jusqu’à ce que les têtes explosent à mi-parcours (suspendues, une douzaine de têtes de verre – celles des 2 artistes. Benoît Mangin a pris soin de remplir lesdites têtes avec du gaz hilarant. Mises sous pression, et muni d’un dispositif d’auto destruction l’œuvre est conçu pour être évolutive, et définitivement réduite à néant…).
À l’entrée, un congélateur vitrine présente un bloc de glace découpé dans la glace du Spitzberg par les deux artistes qui ont dû emprunter un bateau brise-glace pour la réalisation de ce voyage. Ce bloc de glace porte la trace d’une empreinte d’ours polaire. L’ensemble de l’expérience filmée est diffusé dans une salle adjacente, en décomptant sous forme de Time code, le nombre de Kg/km de Co2 consommé. Pour la petite histoire, cette trace est en train de disparaître – la neige n’étant pas stable dans le temps, échappant ainsi à la volonté des artistes…). Ce voyage devait aussi être compensé en carbone (souhait des artistes) mais il ne l’aura pas été, décision du commissaire de l’exposition…
Dans la première grande salle de l’exposition est présentée L’Alalie, un grand mural de plus de huit mètres représentant un planisphère où sont figurés les noms d’espèces animales en voie de disparition. Leur nom est écrit dans des langues elles-mêmes en voie de disparition et dans le centre de l’image un dispositif technique de balayage (sorte d’essuie-glace géant) efface progressivement les données au rythme de celui de la disparition effective de ces espèces.
On entre ensuite dans une salle obscure, qui ne le reste pas longtemps : un ours polaire à l’échelle, en tricot, menace le spectateur, condamné à lever les yeux et à s’éblouir sous une constellation de 1000 ampoules basse consommation qui s’éclairent simultanément à notre entrée. «En restant un quart d’heure sous ces ampoules irradiantes, on reçoit l’équivalent de trois radiographies des poumons», préviennent les artistes (c’est vrai qu’une paire de lunette de soleil est bienvenue, ne serait-ce que pour s’épargner les yeux). De quoi faire fuir devant le danger qui nous guète et faire fondre la banquise sous les pieds du pauvre ours.
Chacune des pièces de l’exposition est tirée d’une expérience vécue…
Et ceci n’est que le début du parcours…
A voir absolument si vous habitez ou passez dans la région. Renseignez-vous également sur les visites guidées, interactives et instructives…
Art Orienté Objet
L’alalie
Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin.
A voir jusqu’au 5 septembre 2010
Au Magasin, Centre national d’art contemporain de Grenoble,
Site Bouchayer-Viallet,
155 cours Berriat
38000 Grenoble.
Tél.: 04 76 21 95 84.
Ouverture du mardi au dimanche de 14h à 19h.
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